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[6] ŒUVRER COLLECTIVEMENT

Arp, sur la période Dada : « Même la personnalité, nous la sentions comme une charge importune et inutile, du fait qu’elle s’était développée dans un monde pétrifié et mort. »

Sur l’Album de Grasse : « Ces lithographies sont des travaux effectués en commun. Sonia Delaunay, Sophie Taeuber, Alberto Magnelli et moi-même les avons exécutées, parfois à deux, parfois à trois ou à quatre. Ce sont des duos, des tercets, des quatuors. Quatre instruments font une consonance harmonieuse. Quatre personnes se confondent, s’effacent, se soumettent pour atteindre une unité plastique. Des lignes d’une main sillonnent les espaces en couleurs construits par une main sœur. Des formes se joignent et vivent naturellement comme des organes dans un corps. Un alliage est fondu en cloche et sonne. »

Au temps de Dada, l’effacement de Arp au profit d’une création qui se veut anonyme motive également la création collective. La collaboration la plus essentielle, y compris pour une meilleure compréhension de l’évolution de Arp, est celle avec Sophie Taeuber, qui se manifeste notamment dans les œuvres réalisées à quatre mains à Zurich dans la deuxième moitié des années 1910 (Duo-collage et sculptures-récipients) puis à Meudon à la fin des années 1930 (Duo-dessins et sculptures en bois). L’importance de ce principe de création se confirme par sa récurrence : on retiendra trois ensembles significatifs, les diverses collaborations avec Max Ernst, les Cadavres exquis (1937) avec Marcel Jean, Oscar Dominguez, Raul Hausmann et Sophie Taeuber-Arp, l’album de Grasse (1941-1943) avec Magnelli, Sonia Delaunay et Sophie Taeuber-Arp.

 

* Les citations placées en tête de chaque paragraphe sont toutes de Hans Jean Arp et sont tirées de  Jours effeuillés. Poèmes, essais, souvenirs 1920-1965, Paris, Gallimard, 1966. Elles ne seront pas nécessairement intégrées à l’exposition elle-même.