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[7] LA VOLONTÉ DE CONSTRUIRE

« Nous cherchions un art élémentaire qui devait guérir l’homme de la folie de son temps, et un nouvel ordre pour rétablir l’équilibre entre ciel et enfer…
Nos carrés et nos rectangles nous servaient à transmuer en architecture de lumière la douleur la plus profonde comme la joie la plus vive. Nous voulions ainsi rendre le monde plus simple, le transformer, lui donner plus de beauté. »

L’une des collaborations les plus importantes est celle menée à Strasbourg avec Sophie Taeuber-Arp et Theo van Doesburg : L’Aubette. Les conceptions des trois artistes y apparaissent au grand jour, dans ce qu’elles ont de plus personnel mais aussi de commun. L’extension de la peinture à l’architecture, l’adoption d’un vocabulaire élémentaire (qu’il soit géométrique ou biomorphique), la foi en une possible reconfiguration du monde sont des recherches qui se manifestent chez eux dès la seconde moitié des années 1910, dans le cadre de Dada Zurich pour Arp et Sophie Taeuber, dans le cadre du groupe De Stijl pour van Doesburg. Il existe, en effet, au sein de Dada une dialectique destruction-construction trop souvent délaissée des historiens de l’art : pour Arp et sa compagne, la destruction de l’esthétique du passé, au profit d’un art abstrait élémentaire, ne doit pas être comprise comme une fin en soi, mais comme la volonté d’établir un nouvel art, très ordonnancé et très clair, qui s’imposerait au milieu du chaos de la guerre comme la recherche d’un nouvel équilibre. Cette aspiration constructive, qui explique les liens de Arp avec les artistes de cette obédience, trouvera à se réaliser en 1927-28, à Strasbourg, dans le bâtiment de l’Aubette. Esquisses et plans documenteront ce projet de décoration murale, avec pour chacun des artistes, une ou plusieurs œuvres autonomes attestant de la continuité de leurs réflexions et de leur esthétique depuis les années 1910.

 

* Les citations placées en tête de chaque paragraphe sont toutes de Hans Jean Arp et sont tirées de  Jours effeuillés. Poèmes, essais, souvenirs 1920-1965, Paris, Gallimard, 1966. Elles ne seront pas nécessairement intégrées à l’exposition elle-même.